Cindy Marie Nelly autrice

Embrasser son étrangeté avec Cindy Marie-Nelly

Temps de lecture : 12 minutes

Cindy Marie-Nelly vient de publier Les Âmes Engagées, roman faisant toute la place au folklore antillais. Cindy n’en est pas à son coup d’essai. Son premier roman, Peaux Echappées, paru en 2016 avait déjà surpris et ravi des lecteurs avides. Ensemble l’on revient sur sa passion pour la littérature, son expérience d’autrice et l’importance de faire corps avec son étrangeté.


Lorsque Cindy Marie-Nelly publie Peaux Echappées en 2016, c’est presque contre son gré. C’est que si Cindy adore raconter des histoires, elle n’a aucune velléité de publication. 

« J’ai commencé à écrire de petites nouvelles un peu fun juste pour moi. C’est mon mari qui a fait tout le boulot à l’époque. C’est un grand rêveur. Il a pris le manuscrit, l’a mis dans des enveloppes et l’a envoyé à des maisons d’édition. Moi j’étais juste content de l’envoyer à ma mère pour Noël ! »

Mais prendre Peaux Echappées comme point de départ, c’est comme débuter une histoire in medias res. Cindy Marie-Nelly est tout d’abord une passionnée de littérature et une consommatrice friande de livres en tous genres.

« Je suis spécialisée en littérature francophone et j’ai fait mon master en littérature africaine, antillaise et maghrébine. Mais à côté de ça j’ai toujours eu des lectures très légères. Harry Potter, Hunger Games, du Marc Levy ou du Webber… je ne discrimine pas tant que ça me divertit. »

Un fait qu’elle mettra du temps à admettre. Étudiante à la Sorbonne, il convient de faire dans le sérieux – tout du moins en apparence. La littérature de gare, le fantastique ou la science-fiction sont persona non grata dans les salles de cours d’une des plus vieilles universités d’Occident. 

« Mon genre littéraire préféré c’est le fantastique. J’ai mis du temps à l’assumer parce que ça ne fait pas très sérieux quand on fait fac de lettres à la Sorbonne. Ce n’est pas cool de ne pas apprécier Houellebecq ou Amélie Nothomb mais moi, elle me fait peur ! Le fantastique c’est mon échappatoire – que je sois en vacances, malade ou déprimée… il me faut du fantastique et en second lieu de la science-fiction et ça va tout de suite mieux. » 

Une analyse que Cindy fait aussi de la littérature antillaise, extrêmement sombre et sérieuse. En effet, nos îles regorgent de talents à la plume acérée, méthodique, dévastatrice, reconnus à travers le monde pour des mots qui résonnent avec justesse hier et encore aujourd’hui. Et pourtant… 

« Je les adore, Condé, Confiant et tous les autres. Lorsque je lis Chamoiseau qui est mon auteur préféré, c’est parce que je veux être dépassée, subjuguée par le verbe. Il n’en est pas moins vrai que ce ne sont pas les lectures vers lesquelles je me tourne quand j’ai envie de quelque chose de léger ! La Négritude par exemple, c’était vraiment une volonté de se mettre à niveau. C’est un mouvement né à une époque où la littérature était très sérieuse. Il fallait écrire dans un français parfait, soutenu. Mais il faut surtout dire qu’on est nés d’une culture simplement pas drôle. On a beaucoup souffert, ce n’est pas facile d’être qui nous sommes. Il fallait s’exposer, montrer des choses très profondes. Je pense que c’était nécessaire mais est-ce qu’il n’y a que ça ? Non. »

Du magical realism au fantastique, il y a de la place pour nos histoires

Peaux Echappées, roman dans la veine du magical realism – un genre popularisé par des auteurs comme Toni Morrison, Isabel Allende ou Gabriel García Márquez – attirera l’attention de deux maisons d’édition aux retours dithyrambiques. C’est toute la preuve qu’il fallait à Cindy qu’il existe un espace en demande de ses idées, que d’autres s’identifient à son histoire peu importe leurs origines ou leur classe sociale. 

« Neil Gaiman m’inspire beaucoup. Il a cette capacité à reprendre les mythes et légendes de plein de cultures et à en faire une interprétation à la fois moderne et classique. Chez nous, Timalo le fait très bien avec Dyablès. Black Panther m’a coupé le souffle. Je me suis dit que nos histoires méritaient aussi d’être racontées sur des plateformes aussi divertissantes que le comics ou le cinéma. Si les gens ont aimé le Wakanda, ils peuvent aimer Pointe-à-Pitre ! » 

Avec une passion chevillée au corps pour le fantastique depuis l’enfance, Cindy écrit ce qu’elle connaît le mieux : la famille antillaise. Si Peaux Echappées fait la part belle à la figure omniprésente de la femme potomitan, son nouveau roman Les Âmes Engagées, explore les dynamiques de la famille antillaise au sens large – secrets, souffrances et non-dits, c’est à pieds joints qu’elle saute dans le fantastique cette fois, offrant une relecture moderne des contes et légendes qui transmis de génération en génération, continuent de hanter nos cauchemars. 

Les Ames Engagees en format livre ou kindle

« Toute petite, ma mère m’avait acheté une compilation de contes et légendes des Antilles qui m’avait terrorisée et fascinée tout à la fois. Les Âmes Engagées, c’est une histoire qui me trotte dans la tête depuis longtemps. J’y aborde des thèmes qui me tiennent vraiment à cœur dont la façon dont on traite la santé mentale chez nous, entre religion et superstition. Surtout, c’est mon interprétation de notre folklore, une réécriture de notre fantastique même si je ne réinvente pas la roue. Plus que tout, ces légendes m’ont aidée à construire mon identité créole alors que j’ai grandi à des kilomètres de la Guadeloupe. »

 C’est ce qui motive mon écriture – que nos gens à nous puissent se reconnaître dans mes histoires.

Cindy écrit pour ceux qui nous ressemblent. Elle écrit pour permettre aux nôtres d’étendre leurs horizons, d’imaginer et de s’imaginer au-delà des murs d’un quotidien qui peut parfois sembler fort limité et limitant. 

« J’écris des livres que j’aurais aimé lire. Je lis beaucoup mais il me faut toujours faire un effort pour m’identifier aux personnages. Je ne suis pas blonde, je ne vis pas à San Francisco et personne ne viendra me chercher dans mon placard sous l’escalier pour m’emmener à Poudlard… Je veux arriver à m’identifier, que mes amis, ma famille arrivent à s’identifier. Les meilleurs retours que j’ai reçus lorsque j’ai fait le Salon du Livre c’est lorsque l’on m’a dit ‘Peaux Echappées c’est ma mère, ma tante, mon cousin, c’est l’histoire de ma famille.’ »

Parce que c’est le monde qui l’entoure qui l’inspire le plus, Cindy aime à s’imaginer les vies d’inconnus ou se gorger de celles glanées ici ou là à des réunions de famille – de véritables mines d’information lui permettant de créer des personnages plus vrais que nature. 

« L’on vient d’une culture assez volubile alors il suffit de tendre un peu l’oreille pour entendre des histoires incroyables. » 

Est-ce que l’autrice a un personnage préféré ? De son propre aveu, Raphaël, meilleur ami de Xavier, héros des Âmes Engagées et librement inspiré d’un de ses frères, vole la vedette au personnage principal. 

« De Game of Thrones à Harry Potter, mon personnage préféré n’est pas le héros. J’adore mon héros, je l’aime vraiment beaucoup… il est mis au premier plan pour une raison, mais mon personnage préféré est un personnage secondaire, son meilleur ami, mon Ron Weasley personnel. »

Cindy brouillonne constamment. Ses personnages la suivent où qu’elle aille mûrissant dans un coin de son imagination jusqu’à ce qu’elle soit prête à en découdre. Ils prendraient alors vie, presque animés d’une volonté propre. Cindy fait le vide, se lance et laisse la magie opérer. Les mots fusent. A mesure qu’elle martèle son clavier, elle se laisse porter par les flots du monde qu’elle est en train de créer. 

« Ca fait un peu artiste possédé mais les mots me viennent d’eux-mêmes. Quand j’entendais des auteurs en parler, j’étais dubitative et pourtant, c’est si vrai ! Parfois mes personnages partent tout seuls. Ils font leur truc et à la fin du chapitre, je me dis ‘wow’ ! Il y a des chapitres plus difficiles que d’autres parce que dans un roman à plusieurs voix, certaines sont plus difficiles à retranscrire. Ce sont des sons et des images qu’il me faut traduire et si je veux faire du beau, ça me prendra plus de temps. »

Mes personnages font ce qu’ils veulent !

Pour l’amour de la littérature : transmission et l’écriture comme un acte radical de self care 

La littérature est une vraie passion pour Cindy qui retournera sur les bancs de l’école, mais au devant des élèves cette fois. Professeure de français à Londres, elle se donne corps et âme afin de transmettre son amour du livre à une génération d’élèves pour qui le divertissement est une commodité disponible à loisir. Dans un monde où le capitalisme règne en maître incontesté, chiffrer la valeur d’une histoire à des élèves déjà tout prêts à céder aux sirènes de la City est un défi quotidien. 

« Je suis prof par passion. J’adore enseigner, réveiller du texte, révéler un sens, une vie derrière quelque chose qui pourrait sembler autrement statique. Transmettre la passion de la littérature, c’est le combat de toute une vie. Les générations qui arrivent ont accès à tellement d’autres supports que le texte alors que moi je viens d’une génération où si tu avais raté le créneau des dessins animés, tu cherchais ton divertissement ailleurs. Avec des millions d’options bien plus dynamiques que le livre, c’est difficile de déclencher des passions mais pas impossible. Mon approche c’est d’essayer de les convaincre que le texte est vivant et chaque année j’arrive à en détourner un ou deux des filières scientifiques ou économiques. »

Là encore, rien n’est simple. La littérature jeunesse anglo-saxonne fait preuve d’un dynamisme incomparable laissant les petits français à la traîne. Selon Cindy, il y a un marché à développer où bien entendu, la littérature antillaise aurait toute sa place. En attendant, elle lutte au corps à corps afin de compenser et être elle-même une autrice publiée joue parfois en sa faveur. 

« Google existe alors je fais très attention à mes réseaux sociaux avec un disclaimer: Si vous voyez des revues négatives, c’est un élève qui n’a pas révisé. Je leur interdis de lire parce que c’est trop gênant et que ce n’est pas forcément adapté à leur âge mais ils le font quand même. Leurs parents surtout. Alors je me retrouve à faire beaucoup de dédicaces pour maman, tatie. Ils le savent, ils en sont fiers et j’ai même l’impression que ça me donne une petite légitimité à leurs yeux. Ils se disent que, peut-être, je sais de quoi je parle quand j’essaye de les convaincre que Victor Hugo a vraiment fait exprès de répéter tous ces ‘m’ pour donner de la musicalité à son vers. »

Au-delà du pari de l’enseignement, être dans l’éducation a aussi ses avantages. Avec suffisamment de temps hors site où elle peut s’organiser comme elle l’entend, Cindy fait très attention à s’aménager du temps entièrement dédié à l’écriture. Plus qu’un métier ou une passion, écrire est un temps que l’artiste s’octroie pour son bien-être personnel.

« Je suis maman, je travaille, je suis mariée, j’ai très peu de temps pour moi. C’est quasiment du self care. Je suis qqn de très organisée. J’ai mon petit bullet journal, je me bloque des moments où vraiment ce sont des moments d’écriture. Est-ce que j’arrive à m’y tenir tout le temps ? Non, mais j’essaye. Avoir des enfants, et puis vieillir tout simplement, m’a fait réaliser qu’il m’était vraiment nécessaire de prendre ce temps sinon je deviens folle, je déprime. Par exemple, je sais que là, je ne devrais pas lancer ma lessive, qu’il me faut absolument finir ce chapitre. Et je le fais pour moi, parce que ça me fait plaisir.”« “Je suis maman, je travaille, je suis mariée, j’ai très peu de temps pour moi. C’est quasiment du self care. Je suis qqn de très organisée. J’ai mon petit bullet journal, je me bloque des moments où vraiment ce sont des moments d’écriture. Est-ce que j’arrive à m’y tenir tout le temps ? Non, mais j’essaye. Avoir des enfants, et puis vieillir tout simplement, m’a fait réaliser qu’il m’était vraiment nécessaire de prendre ce temps sinon je deviens folle, je déprime. Par exemple, je sais que là, je ne devrais pas lancer ma lessive, qu’il me faut absolument finir ce chapitre. Et je le fais pour moi, parce que ça me fait plaisir. »

Pour autant, produire est peut-être l’étape la plus facile d’un parcours d’écrivain. Trouver et convaincre une maison d’édition est un chemin ardu, encore plus lorsque l’on ne rentre pas dans le moule du livre franco-français par excellence. Courtisée par deux maisons d’édition – l’une métropolitaine et l’autre antillo-guyanaise – Cindy fera le choix d’Ibis Rouge, depuis rachetée par les Editions Orphie.

« J’ai été complètement terrorisée à l’idée que des gens que je ne connaissais pas aient lu mon manuscrit, que ça leur ait plu et qu’ils aient envie de me publier. Mon expérience a été bonne parce que je n’étais pas un auteur et que d’un coup on m’a donné une plateforme. J’ai été publiée, j’ai été invitée au salon du livre, etc. Ça m’a permis de prendre confiance en moi mais résultat, j’auto-édite mon deuxième roman. C’est énormément de travail mais je n’ai pas besoin de courir derrière l’information. Dans les deux sens, c’est dur. »

Pour un jeune auteur, la reconnaissance d’une maison d’édition est presque un saint graal. Être publiée a mis Cindy en confiance avec elle-même et lui a donné l’envie de continuer une aventure pour laquelle elle ne se croyait pas faite. Toutefois, poussée par un besoin de transparence et de liberté éditoriale, elle a fait le choix de l’autoédition pour son nouveau roman, Les Âmes Engagées, lui conférant plus de contrôle sur ses droits d’auteur – le nœud du problème pour nombre d’auteurs.

L’industrie du livre est difficile si tu n’es pas J.K. Rowling ou Neil Gaiman.

« Le problème avec l’édition comme partout, c’est l’argent. Tu ne touches pas grand-chose sur ton travail alors que tu t’es saigné·e pour l’écrire ton livre. Ce que tu récupères sur 15 euros n’est pas suffisant pour te dire que tu as réussi. L’écriture pour moi, c’est vraiment un projet passion. »

S’il ne fallait retenir qu’une chose : être étrange est une force motrice

Avec Les Âmes Engagées, Cindy est une autrice confirmée, sûre de ce qu’elle veut ou de ce dont elle ne veut plus. Les corrections ? Ce sera elle désormais. 

« Je parle anglais, je pense souvent en anglais, je consomme beaucoup de fictions anglo-saxonnes, je lis énormément en anglais donc je me force depuis quelques années à écouter des audiobooks en français  juste pour me rappeler de la musicalité de la langue et essayer de parler moins franglais. J’ai des structures de phrases que je dois constamment corriger parce que je sais que je les ai pensées en anglais. J’en ai corrigé plein dans le bouquin mais il doit en rester. La langue est une matière vivante, alors ce n’est pas bien grave. » 

La traduction ? Une évidence ! 

« L’une de mes grandes frustrations c’est de ne jamais avoir pu faire traduire Peaux Échappées alors qu’une maison d’édition anglaise s’y était intéressée. J’ai l’intention de faire traduire Les Âmes Engagées. On ne s’en rend pas compte mais le monde anglo-saxon a aussi envie d’entendre nos histoires ! »

Mais la plus grande leçon peut-être est que le syndrome de l’imposteur contre lequel elle lutte avec acharnement est un Géryon trompeur qu’il n’est pas impossible de tuer ; le bonheur du chemin parcouru est ineffable si cela veut dire laisser un trace au-delà du temps. 

« Il y a quelque chose qui m’a toujours fascinée et c’est peut-être parce que j’ai fait des études de lettres où on étudie de grands hommes et de grandes femmes… mais, wow le patrimoine que ça laisse ! Est-ce que Victor Hugo s’est dit qu’un jour une petite Guadeloupéenne kifferait sa life en lisant Les Châtiments ? Alors la petite Guadeloupéenne qui a kiffé Les Châtiments, elle peut aussi laisser un patrimoine. On a l’impression qu’on n’a pas d’attractivité, qu’on ne fait pas le poids au niveau global, mais c’est complètement faux. Il y a les kilos, il y a les grammes mais tu peux laisser une trace aussi petite soit-elle. »

A force de vouloir rentrer dans un moule, il n’est pas rare d’oublier ce qui nous rend unique ; ce petit quelque chose de spécial qui nous vaut parfois moqueries et quolibets. Or il y a une véritable force à embrasser tous les aspects du soi que l’on cache. C’est une source de créativité que les jeunes auteurs ou autres aspirants artistes se doivent d’explorer sans crainte pour être à la hauteur de leur talent. 

« Ce que j’aurais aimé qu’on me dise plus tôt c’est que tes hobbies, tes sources d’intérêts… tout est lié. Tu n’es pas juste d’un côté Guadeloupéen et de l’autre, fan d’animes, de comics ou d’une petite niche d’un genre littéraire. Tu peux mêler les deux. Ma passion pour le fantastique date de l’enfance, mais c’est peut-être parce que j’ai étudié la littérature que j’avais cette espèce de complexe. »

Prendre cet aspect de ma personnalité, l’associer à ma culture… ça a été la clé de mon écriture.

Cindy enfonce le clou. Nos histoires sont universelles. Pour l’autrice, il n’y a pas à limiter ses ambitions – les formats non-traditionnels, s’ouvrir au monde, viser l’international sont autant d’aventures qu’il faut se donner le droit de vivre. 

« Je vois des jeux vidéo en créole, des BD, des mangas – ça commence à se faire. On mélange notre culture avec des supports auxquels on n’aurait pas pensé il y a 15 ans. Mais parfois on cherche à ne plaire qu’au péyi et je pense qu’il faut voir au-delà. Nul n’est prophète en son pays. Quand on fait un projet c’est bien de viser l’international tout de suite. Il est possible de ne pas se limiter sans pour autant se vendre. S’il y a un conseil que je peux donner aux générations à venir, c’est de mélanger tous les aspects de leur personnalité. C’est ce cocktail qui permet de trouver sa tribu où qu’elle soit. On pense à tort qu’on est bizarre, qu’on est un peu tout seul dans notre délire, mais non. On est plein à être bizarres, alors soyons bizarres ensemble ! »


Où retrouver Cindy Marie-Nelly en ligne

Où se procurer Les Âmes Engagées 

Bonus recommandations

  • A Brief History Of Seven Killings, de Marlon James qui revient sur la tentative d’assassinat de Bob Marley et dont 80% est rédigé en patois jamaïcain, ce qui ne l’a pas empêché de remporter le Man Booker Prize en 2015. C’est le moment où je me suis dit qu’il y avait de la place pour nous. 
  • Du même auteur, Black Leopard, Red Wolf. C’est de la fantasy à la Seigneur des Anneaux mais en Afrique. Plus que jamais il y a de la place pour nous histoires, nos mythes et nos légendes.
  • Dyablès, de Timalo. Ça m’a demandé un effort mais c’est un exercice auquel il nous faut nous atteler.
  • La saga Un Océan De Pavots d’Amitav Gosh. Tout simplement magnifique. J’aimerais écrire un roman choral avec beaucoup de personnages comme celui-là. Je m’y dirige petit à petit avec Les Âmes Engagées que j’ai conçu comme une trilogie.
  • Péyi An Nou de Jessica Oublié et Marie-Ange Rousseau. Super BD qui nous apprend beaucoup sur l’histoire des Antilles, dont le Bumidom, etc.
  • Tout Zadie Smith !
  • Tout Chimamanda Ngozi Adichie. Americanah est un bon point de départ car le plus facile d’accès.

Playlist du moment

  • La mixtape Lyrical Teworist qui me rappelle un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. Une petite pépite ! En écoutant bien, on se rend compte qu’il y a une vraie narration. Elle s’écoute comme un roman avec plein de personnages. C’est un roman fleuve où chacun y met sa touche. Ils partagent une expérience mais ils ont tous un regard différent sur cette expérience. Un roman fleuve, je persiste et je signe. 
  • La bande originale de Black Panther. L’une des rares bandes originales (avec celle de Space Jam version originale) que tu peux écouter du début jusqu’à la fin. Tous les sons sont excellents. 
  • Burna Boy  
  • Dave